Comprendre : le PFU est la règle par défaut, pas une qualification du gain.
Pour un résident fiscal français, une plus-value de cession de valeurs mobilières entre en principe dans le prélèvement forfaitaire unique. Dans sa lecture courante, il comporte 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 % sur le gain net imposable. Avant d’appliquer ce taux, il faut qualifier les titres, la date et le prix de revient, les frais, les opérations de l’année et les justificatifs qui permettent d’établir le gain.
Les moins-values de même nature ne sont pas un paramètre décoratif. Elles doivent être rapprochées de la plus-value selon leur régime et leur disponibilité. Le simulateur PFU ou barème de plus-value mobilière se limite à une moins-value imputable de l’année, plafonnée au gain saisi : il ne reconstitue ni un stock reportable, ni une déclaration.
Le point qui change la lecture : option globale et abattement ancien.
Le contribuable peut opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option est globale pour les revenus et gains de capitaux mobiliers entrant dans son champ : elle ne se choisit pas cession par cession. Une comparaison isolée devient donc une étape de pré-analyse ; intérêts, dividendes, gains et pertes du foyer susceptibles d’être concernés doivent être recensés avant de commenter le résultat.
Depuis l’imposition des revenus de 2018, les abattements pour durée de détention ne peuvent concerner, sous conditions, que des titres acquis ou souscrits avant le 1er janvier 2018 et une option pour le barème. L’abattement éventuel réduit la base d’impôt sur le revenu, non les prélèvements sociaux. Le taux applicable — de droit commun ou renforcé — ne doit jamais être déduit de la seule durée affichée dans un portefeuille : il dépend du régime et de l’historique précis des titres.
Simuler : comparer des assiettes explicitement distinctes.
Cas reproductible : 10 000 € de plus-value brute, aucune moins-value, TMI de 11 % et hypothèse d’un abattement de 65 % applicable. Le PFU est estimé à 3 000 € : 1 280 € d’IR et 1 720 € de prélèvements sociaux. Au barème, l’abattement ramène la base d’IR à 3 500 € ; l’IR estimé est 385 €, auquel restent ajoutés 1 720 € de prélèvements sociaux, soit 2 105 €. L’écart mécanique est de 895 €.
Ce résultat ne permet pas de recommander le barème sans suite : l’éligibilité de l’abattement, les autres flux inclus dans l’option et la déclaration du foyer peuvent inverser la conclusion. À TMI de 30 % sans abattement et après 2 000 € de moins-values sur 10 000 € de gain, le même outil affiche 2 400 € au PFU contre 3 776 € au barème : l’écart est alors de 1 376 € en faveur du PFU.
Comparer PFU et barème sur une cession
Conseiller : quatre contrôles avant de restituer un montant net.
1. Reconstituer la cession et le prix de revient.
Conserver l’avis d’opéré, les actes de souscription ou d’acquisition, les frais et les événements sur titres. Une donation, une succession, une fusion, une levée d’option ou une cession de titres non cotés appelle une lecture qui peut différer du relevé de compte.
2. Cartographier gains, pertes et enveloppe de détention.
Distinguer compte-titres, PEA, titres de société, instruments bénéficiant de régimes propres et moins-values reportables. Un gain affiché sur un relevé n’indique pas à lui seul son assiette ni son traitement fiscal.
3. Vérifier l’abattement avant de le saisir.
Documenter la date d’acquisition ou de souscription, le régime invoqué, la durée exacte et l’option pour le barème. Pour une cession de dirigeant partant à la retraite, consulter séparément l’analyse de l’abattement fixe de 500 000 € : il ne se superpose pas automatiquement au mécanisme présenté ici.
4. Simuler le foyer, puis dater la décision.
Recenser les dividendes et intérêts avant d’opter. La comparaison PFU ou barème sur les dividendes rend visible la même nécessité d’une vision globale. Confirmer enfin les montants avec l’IFU, la déclaration et, lorsque le dossier le justifie, l’expert-comptable ou l’avocat fiscaliste.
Limites, sources et avertissement.
Règles vérifiées le 23 août 2026 : impots.gouv.fr — les cessions mobilières ; impots.gouv.fr — abattement pour durée de détention ; Service-Public — revenus d’épargne et de placement. Le simulateur ne traite pas les moins-values reportables, PEA, BSPCE, management packages, titres étrangers, CEHR/CDHR, crédits d’impôt, non-résidence ni l’imposition complète du foyer. Cette publication est une information générale, non un conseil juridique, fiscal, financier, assurantiel ou patrimonial personnalisé. L’application d’une règle doit être validée à la date de la décision au regard des pièces et de la situation du client.